Deux anecdotes, au hasard. D'abord, le héros doit son nom aux habitants du pueblo de Los Angeles qui le baptisent ainsi après avoir été sauvés d'une pendaison. Ensuite, sachez que Zorro aurait préféré avoir une cape rouge. Et ce n'est pas une blague. Sur une libre adaptation du roman d'Isabel Allende, la nouvelle comédie musicale nous ramène aux origines de la légende du vengueur masqué, où l'on découvre un personnage enfantin, davantage burlesque que charismatique. Mais héros tout de même. Car reconnaissons-le, s'attaquer à Zorro n'est pas chose aisée. Outre la légende aseptisée dont il fait l'objet, le personnage semble avoir perdu de sa fraicheur et l'on oscille bien souvent entre enthousiame et déception.Mais il y a un remède: la musique, avec un tube, "Bamboleo", des Gipsy King, revisité sous la conduite d'un orchestre présent sur scène. C'est un atout majeur. Dans un esprit gitan et terriblement envoutant, "Zorro le musical" joue la carte de la séduction. Côté prestations: des cascades, des combats d'épée, des tours d'illusion et surtout, des chorégraphies aux accents espagnols signées Rafael Amargo, chorégraphe de renommée internationale. Tout y est, sans oublier l'incontournable boutique souvenirs dressée dans le hall d'entrée. Alors, Zorro, prouesse artistique ou objet commercial? La question est légitime. C'est le tribut des grosses productions.
Des affiches, un clip vidéo, un album: impossible d'échapper à la campagne de promotion de la comédie musicale. Produite par le groupe international Stage Entertainment - investigateur des succès du Roi Lion et de Cabaret - elle nous vient tout droit de Grande-Bretagne. On s'en serait douté, aux vues des moyens déployés.
Spectacle grand public, ce Zorro est avant tout un vivier de jeunes talents: Laurent Ban (Diego de la Vega, Zorro), Liza Pasto( Luisa), Géraldine Larrosa (Inez), et l'ensemble, avec entre autres Léovanie Raud, Eric Jetner et Angèle Humeau. Sous les claquettes du flamenco ou dans l'art des vocalises, tous s'exécutent avec leurs tripes. Au-delà des couleurs chatoyantes et de la magie de la scène, ils savent rappeler la pureté d'une émotion. Et nous offrir un spectacle d'ores et déjà annoncé comme un succès.

Il est témoignages qui s'abîment dans le silence et des silences qui sont témoignages. Bhopal est l'un d'eux. Un lieu où les fantômes des corps fuyant les gaz habitent les rues nocturnes. Des images infernales qui transposent dans le présent cette nuit de décembre 1984. L'ouvrage travaille une temporalité déployée sur trois chapitres: la tragédie passée, les conséquences d'une eau contaminée et la lutte activiste. Tout à la fois passé-présent-futur, Bhopal est finalement un lieu où le temps s'est arrêté.
No more Bhopal est un ouvrage simple, extrêment construit, sans emphase. Pour Micha, il est surtout une succession de rencontres. La plus belle d'entre elles s'appelle Sarmil, 6 ans, aveugle depuis la naissance. La fillette maintient toujours les yeux fermés. Jusqu'à ce moment magique où, blottie contre sa mère, elle ouvre l'oeil. Micha saisit l'instant comme un cadeau. La photo, symbole d'une tendresse toute douloureuse, est devenue le support de communication de la campagne de sensibilisation de Bhopal.


