mercredi 3 mars 2010

Musique: Nancy Ajram

"Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître"… Celui d’un âge d’or version Jacques Martin et ses incontournables concours de chant. Celui enfin des dimanches après-midi chez mémé, bercés par des voix juvéniles qui s’égosillent sur des reprises de Sardou ou Kate Bush (oui, c’est dur…).


A une exception près : nous sommes au Liban, en 1991 – j’ai bien parlé d’âge d’or ! Les fidèles téléspectateurs s’enthousiasment alors pour la lauréate du prix Unicef Children’singing sur LBC TV. Son nom, Nancy Ajram, fait exploser les palmarès. Pendant quatre ans, elle rafle tous les concours qu'organise la télévision libanaise. Fier d’un tel succès, son papa lui offre les meilleurs professeurs de la place de Beyrouth. Pour une heureuse concrétisation en 1995, sur le plateau de l’émission Najoum Al-Mostakal (Etoiles du futur).

Terminés les concours de jeunesse : avec son premier album, "Muhtaghalak", produit par son père, Nancy entre dans la cour des grands. Nouveau parcours, nouvelle médiatisation, sur les chaines de clips cette fois. Son tube reste au top 1 pendant trois semaines et met la puce à l’oreille du Syndicat des artistes professionnels libanais. En coulisses comme sur les écrans, elle gagne la confiance de ses compatriotes, s’affirme et finit par imposer un nouveau style, mélange de pop et de musique traditionnelle. En 2003, son album "Ya Salam" marque le début d’une collaboration avec le producteur Gigi Lamaraet la célèbre réalisatrice Nadine Labaki qui dirige les tournages de ses clips.

Ainsi Nancy devient l'artiste la plus médiatisée du Moyen Orient. Elle est élue meilleure chanteuse arabe par le magazine Zakrat Al-Khajil en 2003 et 2004 et l’une des chanteuses les plus influentes du monde arabe par Newsweek en 2005. Après les écrans et les papiers glacés, elle est placardée au format publicitaire pour Coca-Cola, les bijoux Damas ou Sony Ericson, dont elle devient l’égérie.


Car en plus d’être talentueuse, la jeune femme est remarquablement belle. Et l’atout fait polémique : en misant sur la danse et la séduction, Nancy Ajram revendique l’usage du langage corporel. Cette vision, plébiscitée par un public avide d’un renversement des normes conservatrices et applaudie en tournée internationale, a suscité de vives réactions lors d’un concert au Koweït. Nancy s’est vu imposer une robe noire tombant jusqu’aux chevilles. De quoi renforcer une popularité déjà bien établie. Et ça, les médias l’ont bien compris !


Publié sur Allomusic.com

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